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Le vol et la piraterie sont des
phénomènes fréquents dans nos sociétés, qu'il s'agisse de petits larcins ou de piraterie informatique, ce genre de comportement ne surprend plus personne. Mais l'archéologie n'est
pas épargnée et c'est plus surprenant d'imaginer des voleurs à la recherche de céramiques ou de monnaies antiques. Les sites dont le potentiel a été évalué et même ceux qui
sont en cours de fouille ne sont plus à l'abri des voleurs, qui n'ont pour but que de s'accaparer le plus de "richesses" possible sans se soucier de la moindre démarches scientifiques. Et
une fois de plus, les pirates se sont attaqués à un site archéologique dans le nord de la France, dans le département de l'Oise.
C'est un site archéologique à Noyon qui a été victime de piraterie. Il faisait l'objet d'un diagnostic de fouille de la part de la DRAC depuis le 19 janvier 2010 et il n'a pas
fallu très longtemps pour qu'il soit la cible de fouilles sauvages sans la moindre autorisation. Les pillards ont mutilé le site pendant la nuit du 8 au
9 février, en jonchant le sol d'un nombre considérable de trous, des centaines qui ont saccagé la stratigraphie.
Les pillards ont bien sûr emporté de nombreuses pièces comme de la monnaie, des fibules ou encore des fragments d'outils et des têtes d'obus de la première guerre mondiale. Car le site en
question possède des traces d'occupation datant du Néolitique, en passant par la période gallo-romaine et mérovingienne, pour finir avec le début du XXe siècle.
Dans le Courrier Picard, l'archéologue responsable des fouilles, Jean-David Desforges déclarait qu'il s'agissait "d'un véritable raid ".
" Nous avons estimé que ces personnes devaient être entre trois et cinq, d'après les nombreux dégâts... Elles ont en fait
profité de nos propres tranchées, aménagées à un mètre de profondeur, pour accéder directement aux vestiges"
Il s'exprimait également sur les dégâts occasionnés par les pillards: "Il y a notamment des creux de quelques dizaines de centimètres présentant l'intérêt
d'indiquer la présence, jadis, de poteaux. Certains de ces vestiges ont été détruits, nous ne pourrons plus les interpréter. Tout cela montre une frénésie de vandalisme ".
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Site de Noyon (Source: Le Courrier Picard) |
Le département de
l'Oise n'en est pas à la première mésaventure de ce genre. Sa richesse archéologique en fait la cible des pirates, qui armés de détecteurs de métaux, se ruent sur les sites archéologiques,
espérant sortir quelques pièces de valeur, qu'ils pourront facilement revendre. Sans stigmatiser Internet, la revente de pièces archéologiques est d'autant plus facile à présent. N'importe qui,
peut aller mettre en vente n'importe quel objet sur un site d'annonces gratuites ou de ventes aux enchères, sans qu'il ne soit contrôlé ou embêté le moins du monde. Il est alors aisé d'aller
piller un site archéologique et de mettre en vente son butin au plus offrant. Sachant que la demande est constante et qu'un bon nombre de collectionneurs sont prêts à acheter, sans la moindre
traçabilité, un objet archéologique ou une monnaie, le problème du pillage n'est pas prêt d'être résolu.
Sans mettre en prison tous les possesseurs de détecteurs de métaux, il serait bon de s'inquiéter sérieusement de ce genre de pratiques assez fréquentes, qui mettent en danger le potentiel de nombreux sites archéologiques, malgré la législation en cours qui punit tout pillage de site archéologique, ce qui est tout de même la moindre des choses pour sauvegarder notre fabuleux patrimoine. Mais le piratage est une pratique qui a toujours existé et qui est de nouveau à la mode; tous le monde (ou presque) piratent plus ou moins de la musique ou des vidéos sur Internet (ou bien les parents laissent faire les enfants, ce qui n'est guère mieux), la piraterie maritime est de retour au sud de l'Afrique et en Asie du Sud-Est, dans la mer des Caraïbes ou encore sur les côtes de l'Amérique du Sud et il sera difficile de l'endiguer, comme il sera très difficile de surveiller tous les ordinateurs ou tous les champs où reposent de nombreux sites archéologiques, que ce soit en France ou en Amérique du Sud, où de nombreux sites sont pillés par les paysans miséreux, qui trouvent là le moyen de subsister. Mais ceci est une autre histoire, car dans notre pays, il n'est pas question de survie et les pillards de sites archéologiques veulent simplement s'en mettre plein les poches... S'ils ne méritent peut-être pas la prison, ils méritent un réel et efficace rappel à l'ordre, passant peut-être par la confiscation du matériel , une sévère amende et pourquoi pas un stage de sensibilisation au patrimoine qui pourrait le remettre dans le droit chemin. De là à mettre en place un permis à point pour les récidivistes, il n'y a qu'un pas...
L'auteur de ce site sur l'archéologie n'oublie pas de protéger la planète et de respecter la nature, c'est pourquoi je vous invite à en faire autant et pourquoi
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