Un chewing-gum protohistorique

Publié le par Gilles

Notre société moderne ne cesse d’inventer de nouvelles technologie, à l’heure de l’informatique, nous vivons presque tous en rêvant du prochain écran plat ou du tout nouveau lecteur mp3. Mais les inventions de notre temps ne se limitent pas à l’électronique, nous vivons aussi une révolution alimentaire. Jamais nous n’avons vu fleurir autant de nouveaux aliments, de boissons et repas allégés, mais aussi des alicaments censés être aussi pour au goût que pour notre santé. Tout ce qui compose nos repas est étudié et la recherche est devenue indissociable de l’alimentation. Dernièrement ce sont les chewing-gums qui ont fait l’objet d’études intensives et des chercheurs de l’université de Bristol affirment avoir découvert le chewing-gum qui ne collera pas aux surfaces sèches. Mais vous devez certainement vous demander quel est rapport avec l’archéologie. Le voici. 

 

Le chewing-gum, ce bonbon à mâcher vient de prendre un coup de vieux, propulsant son origine des milliers d’années en arrière, à l’époque où l’homme du Néolithique domestiquait les animaux et découvrait l’agriculture. En effet, Sarah Pickin, 23 ans, étudiante en archéologie à l’université de Derby en Angleterre, vient de découvrir dans l’ouest de la Finlande , un chewing-gum âgé de près de 5000 ans.

Nos ancêtres avaient-ils déjà pris l’habitude de mâchouiller pour occuper leurs longues journées préhistoriques ? Etait-ce un moyen de passer le temps entre deux parties de chasse ou pendant la préparation du repas ? Il semblerait en fait que cet ancêtre du chewing-gum eut un rôle plus médical que distrayant. D’après les études effectuées, il serait composé de résine de bouleau contenant de l’acide carbolique (phénol), dont l’effet antiseptique est avéré en cas d’inflammations de la bouche. Ce chewing-gum aurait donc été utilisé à des fins médicales.

 

 

                             La gomme à base de résine de bouleau, mâchée par nos ancêtres.

 

 

Mais tout cela reste à prouver, car même si des traces de temps ont été retrouvées dessus, rien de prouve avec certitude, que l’apport médicamenteux ait été recherché par nos ancêtres. Peut-être qu’un brave homme du Néolithique a simplement voulu goûter l’écorce de bouleau pour savoir quel goût elle avait. Peut-être aussi que cette gomme a été utilisée pour d’autres applications. Un chewing-gum pourrait être par exemple utile pour réparer des plats brisés ou pour colmater une brèche dans une cruche en céramique.    

 

 

 

Le professeur Trevor Brown qui est le tuteur de mademoiselle Pickin nous livre ses impressions sur la découverte : “Il n’y a pas de doute, car les dents ont laissées des empreintes caractéristiques sur la gomme…qui contient du phenol dont l’action antiseptique est avérée… » Quant à Sarah Pickin elle se dit très excitée par la découverte et impatiente d’en savoir plus à ce sujet. Cependant, en l’absence d’autres découvertes du même genre qui pourraient confirmer la fréquente mastication de nos ancêtres, restons prudents et attendons que mademoiselle Pickin déterre d’autres chewing-gums usagés dans les terres du nord de l’Europe.

 

 

 

 

 

L’archéologie nous réserve décidemment bien des surprises et peut-être un jour, dans un futur lointain, un archéologue déterrera une canette de coca-cola en s’étonnant que les hommes du XXe siècle, consommaient déjà cette délicieuse boisson, qui a cette époque sera très certainement interdite, tellement elle était mauvaise pour notre santé… Les chercheurs disserteront alors sur l’utilisation de cette étrange objet, certains pencheront pour un cendrier, pensant que ces barbares du passé, fumaient comme des pompiers et avaient donc besoin de mettre leurs cendres quelques part, tandis que d’autres resteront persuadés que la canette en question était déjà interdite à l’époque et qu’il s’agissait donc là d’un objet de collection ou de contrebande. Que de formidables débats nous attendent dans le futur…

 

 

 

Bibliographie pour aller plus loin

 

Site Internet:

 

Le chewing-gum qui ne colle pas :

http://www.reflexiences.com/actualite/un-nouveau-chewing-gum-qui-ne-colle-pas/

 

 

Livre:

 

J.P Mohen

Cultes et Rituels megalithiques : Les Sociétés néolithiques de l'Europe du nord , La maison de roches; 2003

 

 

 

 

Publié dans Protohistoire

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