Hatshepsout, l'obésité royale !

Publié le par Gilles


Voici une petite nouvelle des contrées égyptiennes qui ne cesseront sans doute jamais de fasciner le public qui va encore pouvoir se mettre sous la dent une découverte de taille. Les momies font partie de l'imaginaire égyptien et elles sont peut-être avec les pyramides, l'élément le plus marquant de la civilisation égyptienne pour le grand public et c'est bien de momie qu'il est question aujourd'hui.

Selon le patron des antiquités égyptiennes Zahi Hawass, on aurait retrouvé la momie de la célèbre reine Hatshepsout dont le non moins fameux temple de Deir el-Bahari sur la rive ouest du Nil près de Louxor est visité chaque année par des milliers de touristes. Cette découverte ne daterait pas d'aujourd'hui mais aurait un siècle, car en effet deux momies avaient été retrouvées dans la Vallée des Rois dans la tombe KV60 par le célèbre archéologue Howard Carter, l'inventeur de la momie de Toutânkhamon. L'une était attribuée à la nourrice de la reine et l'autre n'avait pas été identifiée. Aujourd'hui cette seconde momie d'une femme obèse est considérée comme celle de la reine.



Vue du temple de Deir el-Bahari dédié à Hatshepsout près de Louxor.



Comment sait-on qu'il s'agit de la reine Hatshepsout ?

Selon les antiquités égyptiennes, ils existeraient plusieurs preuves de l'identité de la momie attribuée à la reine égyptienne. D'une part, des analyses scientifiques ont démontré que la momie analysée était du nouvel empire, époque du règne de de la fameuse reine tant convoitée. D'autre part, on aurait retrouvée une dent, plus précisément une molaire dans un vase funéraire frappé du nom d'Hasheptsout dans le temple de Deir el-Bahari, molaire qui correspondrait d'après une spécialiste dentaire égyptien à celle manquante de la momie analysée. De plus, la momie adoptait une pose typique des momies royales, le bras gauche plié sur la poitrine, les ongles peints en rouge et noir, Ces indices nous permettraient de conclure qu'il s'agit bien là de la momie retrouvée de la reine. Pour en finir avec les révélations, des analyses complémentaires effectuées sur l'os pelvien et le fémur indiqueraient qu’Hatshepsout, qui était obèse et diabétique, serait morte à 50 ans d’un cancer des os. Voyez donc ce qui vous attend, vous qui passez vos soirées à vous gaver comme des oies. Quand on nous dit que l'obésité est un fléau, il semble qu'il s'agisse en fait d'une plaie bien plus ancienne que prévue. A ce niveau de découverte, il faut aussi nous poser une question essentielle, aurait-on déposé le corps de la reine sur le sol d'une tombe pour éviter de lui faire des sarcophages à la taille de cette obèse personnalité? Qui sait, peut-être que les anciens égyptiens ne pouvaient pas fabriquer des réceptacles d'une telle taille ! Bon assez de bêtises et concluons sur notre enquête.


En arrière plan, buste de la reine Hatshepsout et son époux Sénynefer au premier plan ( grès peint, L.85cm, H.68cm)



Momie présentée comme celle de la reine Hatshepsout ( Source: HO/ Discovery channel)


Vue plongeante de la possible momie de la reine

Il est utile de rappeler que de nombreuses momies égyptiennes ne furent pas retrouvées dans des tombeaux et dans un sacrophage, mais parfois entassées les unes sur les autres dans des cachettes aménagées spécialement, ce qui rend souvent difficile une identification certaine; parfois même certaines dépouilles de pharaons de furent jamais retrouvées, comme c'est le cas par exemple du célèbre pharaon Khéops. Ce que nous connaissons de son apparence, nous le tenons  d'une seule et unique statuette conservée au  Musée du  Caire.

Il faut donc être prudent sur l'identité des momies égyptiennes retrouvées en dehors d'une tombe identifiable, même si en ce qui concernce cette découverte, les indices semblent probants et il est fort probable que l'on soit donc en présence du corps de la fameuse reine égyptienne qui avait besoin d'un régime...
 
 

Bibliographie pour aller plus loin


-C. Desroches Noblecourt, "La reine mystérieuse Hatshepsout", Pygmalion,  2002.
La Reine mystérieuse : Hatshepsout
-C. Desroches Noblecourt, "La femme au temps des pharaons", Stock, 2000.

-J.Tydesley, "Hatshepsout, la femme pharaon", Editions du Rocher, 1997.

-F.Ferrari, "Hatshepsout, pharaonne de l'éternité", Editions Charles Corlet, 2003.

 

 

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