Des sépultures/offrandes près d'orléans

Publié le par Gilles

Les découvertes archéologiques sont nombreuses dans notre pays et c'est sans doute du fait qu'elles sont moins "impressionnantes" et moins exotiques que celles que l'on pourrait faire en Egypte, qu'elles sont moins médiatisées. Mais ne vous y trompez pas, le sous-sol français renferme de nombreux trésors archéologiques et paléontologiques, nous possédons un riche patrimoine qui ne demande qu'à être étudié. Ainsi chaque années ce sont de nombreuses découvertes qui viennent compléter nos connaissances sur le passé territorial. C'est souvent au cours de fouilles dites préventives (ou de sauvetage) que ce font ces découvertes. Une équipe d'archéologues travaillant sur une fouille de ce genre intervient par exemple sur un chantier de construction de travaux publics, ainsi lors de la construction d'un immeuble ou d'un parking, on peut mettre au jour des vestiges du passé qu'il faut alors sauver des tracteurs et de bétonneuses sauvages prêtes à dissimuler tout cela sous un tas de béton pour que la construction se fasse plus rapidement. Les archéologues disposent alors de quelques petits mois selon l'importance de la découverte pour étudier le site et en tirer le maximum d'informations scientifiques.

Ainsi, c'est sur un chantier de ce genre, plus précisemment  sur le tracé de la future autoroute Artenay-Courtenay (A19) à Neuville-au-bois dans le Loiret que viennent d'être découvertes des sépultures de l'Age du Fer qui est divisé je vous le rappelle en deux périodes distinctes: le Hallstatt et La Tène. C'est une équipe d'archéologues de l' INRAP, l'institut national de recherches archéologiques préventives,  dirigée par David Josset, qui vient de découvrir huit squelettes humains, dont l'un portait une parure de bijoux, inhumés dans sept silos à grain datant de 400 ans avant J.-C., soit durant la période appelée  la Tène finale allant de -450 à 0, (0 étant arbitrairement le début de notre ère, je vous le rapelle). La Tène est un site archéologique qui a donné son nom à la civilisation celte du 2e âge du Fer. Il est situé sur les rives du Bas-Lac de Neuchâtel. C'est une appellation valable pour toute l'Europe, qui a été choisie lors du Congrès international d'anthropologie et d'archéologie de Stockholm, en 1874. Mais revenons en à la découverte du moment.


Vue du chantier de fouille de Neuville-au-bois



Le site de Neuville-au-bois a livré de nombreuses structures, ainsi enclos, fossés, bâtiments légers et greniers ont été dégagés. La majorité de ces vestiges est attribuée à deux périodes du 2e âge du fer.
D'après les commentaires des archéologues, c'est donc une découverte importante pour mieux comprendre les processus d'inhumation, plutôt rares dans de telles conditions et avec autant de parures. Il semblerait que le silo ait été utilisé dans sa fonction première, mais donc aussi comme sépulture. M.Josset nous en fait une rapide description : "La femme parée d’un collier rigide de bronze (torque) et de deux bracelets, devait être quelqu'un d'important....On trouve très peu de bijoux dans le contexte inhumation-silos. De plus, on a retrouvé dans la tombe, des membres d'un cheval....Les éléments recueillis rappellent des pratiques rituelles. C'est l'hypothèse vers laquelle nous nous orientons, un silo-offrande".



Gros plan sur l'une des sépulture

Autre vue de sépulture. Crédit:L.de Cargouët / Inrap.




Les silos découverts contiennent un squelette chacun, à l'exception de l'un d'entre eux où l'on a retrouvé deux dépouilles déposées successivement. Cette manière d'enterrer nos morts est connue dans toute l'Europe et est aujourd'hui interprétée comme une marginalisation des individus concernés par l'inhumation. Il est possible que ces pauvres malheureux aient fini leurs jours comme offrande à un dieu païens, notre bon Jesus n'étant encore pas passé par là en ces temps reculés... La présence d'ossements d'animaux, les quatre membres d'un cheval déposés avec précaution et un cochon entier témoignent de l'offrande au monde des morts. Ces découvertes sont passionnantes et nous aident à affiner nos connaissances sur les rites funéraires de nos ancêtres.


Vue d'ensemble de la sépulture de la femme parée. Crédit: D.Josset/Inrap



Cette trouvaille n'est pas du mois d'août, c'est en effet depuis juin que les archéologues ont découvert ces sépultures, mais par souci de protection du site et pour éviter d'éventuels pillages, ils ont préféré ne divulguer l'information que maintenant. On constate en effet de plus en plus de pillages archéologiques et pas seulement dans les pays où la pauvreté peut justifier de tels actes.

Ainsi, sur un site du 2e âge du Fer et de l'époque gallo-romaine du Ier au IVe siècles avant notre ère, qui vient d'être découvert  en début d'année au sud-ouest d'Evreux, les archéologues ont signalé des pillages et des ramassages sauvages de monnaies par des "pilleurs/promeneurs" équipés de détecteurs de métaux. Il faut dire que ce site s'étire sur une superficie de 29.000m2 et qu'avec près de 2500 opérations de fouilles dans l'année, l'INRAP ne peut pas vraiment assurer la sécurité de tous. Pourtant les contrevenants encourent deux ans de prison et 4.500 euros d'amende pour un prélèvement sur un site archéologique.
La solution serait sans doute d'employer plus d'archéologues pour assurer ces travaux, mais là il faut s'adresser aux instances supérieures de l'état qui a autre chose à faire puisqu'il prépare les éléctions de 2007....Mais les hommes politiques sont sans doute prêts à promettre aux chercheurs des crédits supplémentaires pour gagner quelques voix de plus, ils nous font chaque fois le même numéro...

Publié dans Protohistoire

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