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Bonjour à tous les visiteurs, Archeoblog va vous entraîner dans un fabuleux voyage à travers le temps, en vous proposant des dossiers et les dernières nouvelles concernant les découvertes scientifiques. Vous aurez également accès au fur et à mesure à de nombreux dossiers complets, à des informations relatives aux techniques de fouille. Sur ce blog consacré à l'archéologie et dans une moindre mesure à la paléontologie, le voyage vous entraînera au beau milieu des ères  géologiques et chronoculturelles qui ont forgé petit à petit le visage de notre planète et de nos civilisations.
J'espère que ce parcours parmi les roches, les espèces éteintes et les civilisations disparues vous fera rêver et réfléchir. Que vous soyez simple curieux, amateur, étudiant ou professionnel vous serez les bienvenus et vos commentaires seront pris en compte. Bonne lecture et bon voyage dans le temps et l'espace.
Jeudi 15 mars 2007
Les dinosaures font toujours rêver, bien souvent les petits, mais parfois aussi les grands et c'est grace à ces grands là que la science continue de s'enrichir de nouvelles découvertes fantastiques et que le "catalogue" des dinosaures connus ne cesse de s'agrandir. Ainsi, le sol espanol vient de livrer un nouveau secret en la personne de Turiasaurus riodevensis.

C' est un dinosaure de la super-famille des dinosaures sauropodes, eux-mêmes appartenant au sous-ordre des Sauropodomorphes qui contient déjà par exemple la famille des Diplodocidae, dont le représentant le plus connu est sans doute le Diplodocus, la famille des Titanosauridae ou encore parmi d'autres, la famille des Brachiosauridae. Ces immenses quadrupèdes herbivores se promenaient donc un peu partout sur la planète entre la période du Jurassique moyen ( Il y a 160 millions d'années) et la fin du Crétacé supérieur ( il y a environ 65 millions d'années ).



Le moulage du Diplodocus carnegii du muséum d' histoire naturelle de Paris.




Ce fossile a donc été découvert en Espagne et plus précisément sur le site de Ridéva, au nord-est du pays. C'est l'équipe de Rafael Royo-Torres de la Fondation de paléontologie de Teruel-Dinopolis qui a mis au jour les restes fossilisés de l'animal, conservés dans la gangue depuis près de 150 millions d'années. Il vécu donc à la limite des périodes géologiques appelées Jurassique et Crétacé. D'après les premières estimations, l' animal aurait pesé entre 40 et 48 tonnes et mesuré entre 30 et 37 mètres de la tête au bout de la queue, car n'oubliez pas que les sauropodes étaient dotés d'une très longue queue ce qui accentue l'effet de gigantisme. Imaginez malgré tout un animal de la taille de deux autobus articulés de 18 mètres chacun, pensez-y lors de votre prochaine promenade en bus....



Vue d'esprit de la rencontre d'un double bus articulé avec un Sauropode géant. G.kub





Les scientifiques ont retrouvés de nombreuses parties du squelette fossilisé de l'animal, dont le crâne, l' omoplate, des vertèbres, des phalanges, des côtes, des dents, les tibias et fémurs, ainsi qu'un impressionnant humérus de 1,79 m ! Avec sa taille impressionnante, c'est donc à ce jour le plus grand dinosaure retrouvé sur le continent européen, mais d'autres découvertes restent sans doute encore à venir.



Fossile reconstitué de la patte antérieure du Turiasaurus . AFP





Cette découverte prouve une nouvelle fois que le continent européen possédait bel et bien une faune dinosaurienne comparable à celle du reste du monde et que les sauropodes, ces géants parmi les géants, avaient leur place dans l'écosystème du "vieux continent" de l'époque.

D'autres découvertes comme celle issue du site d' Espéraza dans le sud de la France, attestaient déjà de la présence de grands sauropodes, ainsi, en été 2005, les responsables de ce site de fouille avaient dégagé un squelette complet d' Ampélosaure de la famille des Titanosauridae. C'était le squelette fossilisé de dinosaure le plus complet trouvé en France. Cet animal baptisé Eva, du nom de la découvreuse, mesurait environ une douzaine de mètres de long pour un poids estimé entre 10 et 15 tonnes. Qui osera encore dire qu' il n'y a pas assez de dinosaures en France pour y consacrer des recherches scientifiques....

Mais la recherche nous réserve sans doute bien des suprises et des découvertes étonnantes, à condition bien sûr que les scientifiques obtiennent toujours du crédit pour continuer leurs fouilles, ce qui n'est pas gagné dans un pays qui néglige vraiment cette discipline scientifique pourtant passionnante et essentielle pour comprendre l'évolution des espèces et donc notre propre évolution.



Bibliographie pour aller plus loin:


-P.Taquet, " L'empreinte des dinosaures ", Odile Jacob, 2001

-E. Buffetaut, " Dinosaures de France ", BRGM, 1995

-W. Alvarez, " La fin tragique des dinosaures ", Hachette, collection Pluriel, 2000

-E. Buffetaut, " La fin des dinosaures ", Fayard, collection Le temps des sciences, 2003

-C. Souillat, J. Leloeuf, " Dinosaures ", Fleurus, 2002

-P.J Currie, E.B Koppelhus, " Dinosaur Provincial Park ", Indiana University Press, 2005

-A.M Yates, " Anchisaurus Polyzelus: The smallest known Sauropod ", Yale University Peabody Museum, 2004



Par Gilles - Publié dans : Paléontologie/Géologie
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Samedi 10 février 2007

   A l'époque de la domination romaine en Europe et sur le pourtour méditerranéen, les distractions ne manquaient donc pas et nous avons vu dans le précédent article, que le peuple pouvait profiter des joies du théâtre ou du spectacle de l'entraînement des athlètes. Mais quels autres divertissements étaient offerts à la population? Nous avons tous en tête l'image des gladiateurs et des courses de chevaux de l'antiquité, immortalisées par le spectaculaire film Ben-Hur, dans lequel l'acteur Charlton Heston est opposé aux meilleurs attelages du monde romain. Le plus prestigieux des cirques fut sans aucun doute le célébrissime circus maximus à Rome, au pied du Palatin, mais hélas, le cirque n'est pas vraiment conservé, mais le lieu est toujours grandiose et il suffit de prendre un billet d'avion pour Rome et de faire fonctionner son imagination pour se projeter quelques 2000 ans plus tôt....

" Alors que les 250 000 spectateurs venus admirer les courses de chars, s'impatientaient de ne pas voir arriver leurs héros sur la piste; le hénissement des chevaux se fit enfin entendre et résonnait dans tout le Circus Maximum. La clameur de la foule suivit et elle fut à son paroxysme lorsque les premiers chars à quatre chevaux firent leur entrée. Petit à petit, tous les équipages se présentèrent au regard des spectateurs et ils s'alignèrent comme à la parade, près à en découdre les uns avec les autres, pour la victoire, pour la gloire et l'honneur. Les chevaux s'agitaient et les auriges, conducteurs de chars s'impatientaient du signal du départ de la grande course. Sept tours les attendaient, sept épreuves à surmonter pour faire gagner son équipe. La course allait commencer et tous redoutaient Diocle, le célèbre aurige vainqueur déjà à l'époque, de plus de 2300 courses. Qui allait pouvoir enfin le détrôner ? Les supporters soutenaient déjà leur héros à l'instant même où les chevaux se lancèrent dans la course. Leurs sabots allaient résonner une fois de plus dans le Circus Maximus."

Voici un aperçu des courses de chars auxquelles vous auriez pu assister au IIè siècle de notre ère dans la fabuleuse capitale de l'empire romain, Rome l'éternelle.

          Reconstitution en maquette du grand Circus Maximus de la ville de Rome ( Source: maquette de André Caron)



Revenons donc à présent à notre époque et regardons de plus près les jeux du cirque. C'est véritablement sous l'empire romain que les jeux du cirque prirent leur importance. Cependant, ils ne connurent pas le même succès dans tout l'empire puisque Auguste le premièr empereur, interdit les courses de chars en Italie. Il n'existe donc guère de cirque en dehors de celui de Rome. Cependant, on retrouve au sein de l'empire quelques constructions, comme celles de Vienne, Orange ou Fréjus en Gaule. On peut également mentionner le cirque d'Aphrodisia en Asie Mineur, mais qui est plus exactement un hippodrome bien moins impressionnant que le Circus Maximus de Rome. Ce dernier fut restauré sous l'impulsion de Jules César, puis plus tard, les empereurs Néron et Trajan entreprirent de l'agrandir et de pousser sa capacité à près de 300 000 places. Imaginez un peu une foule aussi considérable se presser pour aller assister aux courses de chars. Ce spectacle à lui seul devait valoir le coup d'oeil.
Le Circus Maximus fut certainement construit dès le VIème siècle avant J.-C., mais ne fut sans doute réellement utilisé que vers 329 avant notre ère. Il mesurait près de 600 mètres de long pour 200 mètres de large, imaginez donc la longueur équivalente à plus de cinq stades de football, avec une foule trois fois plus importante que le plus grand stade du monde actuel. C'était sans nul doute un spectacle au sein même du spectacle....

          

                       Le Circus Maximum aujourd'hui avec les ruines du Palatin en arrière plan.

 


Le cirque de Rome connu de nombreuses modifications au cours du temps, ainsi en 329 avant notre ère, on construisit les cages de départ des chars et celles du terre-plein central qui mesurait près de 340 mètres de long. En 174 avant J.-C., on plaça sur le terre-plein les barres surmontées de sept oeufs en bois qui servaient à compter les sept tours de la course. En 33 avant J.-C., Agrippa fit ajouter les septs dauphins en bronze pour remplacer les oeufs. Auguste fit quant à lui ériger l'obélisque de Ramsès II, ramené d'Egypte; en 357 de notre ère, l'empereur Constance II fit placer un second obélisque, celui de Thoutmosis III, venant des ruines de la ville égyptienne de Thèbes. Nos cultures modernes ne furent pas les seules à aller se servir dans les ruines archéologiques égyptiennes, les romains en bons colonisateurs qu'ils étaient, n'hésitaient pas se servir et à s'emparer des pièces qu'ils trouvaient à leur goût. Nous devrions peut-être doubler la garde de la Tour Eiffel, car qui sait qui pourrait venir nous la voler....
En 1587, ces deux obélisques qui trônaient au centre du cirque, sortirent de l'oubli et furent déterrés des ruines du cirque. On peut toujours les voir à Rome, l'un au centre de la Piazza del Popolo où il fait bon se promener sous le soleil romain et l'autre devant la basilique San Giovanni in Laterano.

 

 

 

 

 

                                L'obélisque de Ramsès II sur la Piazza del Popolo à Rome.

                                                    

                        L'obélisque de Thoutmosis III devant San Giovanni in laterano

 


Rome connut un autre cirque, mais de moindre importance, il fut construit sous le règne de Caligula et de Néron dans l'actuel quartier du Trastevere près de la Basilique Saint-Pierre de Rome.
Avant d'en finir avec les courses de chars, je vous propose de rêver un peu et de vous replonger dans une de ces fameuses courses et à cette époque romaine, en regardant une bande annonce du film Ben-Hur.



                                   

 

 

 

 

Maintenant que nous avons vu les courses de chars de plus près, penchons-nous un peu sur les amphithéâtres de l'empire romain et sur les populaires combats de gladiateurs.


L'amphithéâtre est une pure invention romaine et n'est pas l'héritage d'une civilisation passée. Les romains se sont parfois inspirés des civilisations qui les entouraient ou les avaient précédées, mais en construisant les premières arènes, ils lancèrent un tout nouveau genre de "distractions", aussi violentes soient-elles. Le premier amphithéâtre connu est celui retrouvé dans la ville de Pompéi, il fut construit au 1er siècle avant notre ère. Mais le plus connu et le plus majestueux de tous est sans aucun doute l'amphithéâtre Flavien, plus connu sous le nom de Colisée, de part la proximité d'une statue colossale de l'empereur Néron, appelée colosseum. En outre, le nom de Colisée date du Moyen-âge. Ce bâtiment grandiose fut inauguré en 80 de notre ère et sa construction qui débuta sous le règne de l'empereur Vespasien, se termina sous le règne de Titus. Les cent jours qui suivirent les festivités organisées pour l'occasion, celèrent aussi le destin de plus de 5000 fauves qui périrent sur le sable de l'arène sous les yeux des 50 000 spectateurs que pouvait contenir l'amphithéâtre. Contrairement aux jeux du cirque, les arènes eurent du succès dans l'ensemble de l'empire, à l'exception des contrées hellénistiques qui n'adoptèrent pas ce genre de distractions peut-être trop violentes. En revanche, il y eut de nombreux amphithéâtres en Italie ( à Pouzzoles, Capoue, Vérone, Syracuse ), en Gaule ( à Nîmes, Arles, Lyon, Paris, Tours, Avenches ), en Espagne ( à Tarragone), en Croatie ( à Pula ), en Grande-Bretagne ( à Vérulamium, Chester ) ou encore en Afrique du nord ( à El Djem en Tunisie ). Les combats de gladiateurs ou munera étaient, comme je l'ai déjà expliqué, à l'honneur dans les arènes romaines et il n'étaient pas toujours aussi meurtriers que le cinéma a  bien voulu nous le faire croire. Un gladiateurs coûtait très cher à entraîner et la mort n'était donc pas vraiment la seule façon de sortir de l'arène. A l'instar des boxeurs d'aujourd'hui, les gladiateurs étaient très souvent des professionnels du combat et ils venaient offrir un spectacle à la foule, aussi même si en effet il y eut beaucoup de morts dans l'arène, beaucoup aussi en ressortaient blessés et fatigués mais près à retourner au combat une prochaine fois. Les amphithéâtres accueillaient aussi les combats contre les bêtes sauvages, ainsi que des chasses reconstituées introduites dans les amphithéâtres d'Afrique du nord et dont les mosaïques de l'époque nous livrent un précieux témoignage.

Voici tout de même un petit extrait de film Gladiator, nous livrant une vision "gore" de la  gladiature.

 

                                   

 

 

 

                                                   Amphithéâtre romain d'El Djem en Tunisie

                 

                                 Amphithéâtre de Tarragone en Espagne.

         

                        Le grand amphithéâtre flavien de Rome, le Colisée.

L'amphithéâtre de Pompéi.

 

         

                                         L'amphithéâtre de Leptis Magna

           

                                        L'amphithéâtre de Pula.

                Vue de l'emplacement actuel des " arènes de Lutèce ", rue Monge à Paris.

 

  Reconstitution en maquette de l'amphithéâtre de Lutèce.

De nombreuses espèces d'animaux périssaient dans les arènes, ainsi même les plus gros faisaient l'objet de chasse. Il est arrivé que des éléphants combattent dans le grand amphithéâtre romain. Voici le témoignage de l'auteur latin Pline l'Ancien dans son Histoire Naturelle, VIII,7.

" 1. Sous le second consulat de Pompée, lors de l'inauguration du temple de Vénus Victorieuse, vingt éléphants, ou selon d'autres sources, dix-sept, combattirent dans le Cirque contre des Gétules lançant des javelots. Un seul éléphant rendit ce combat extraordinaire. Les pattes percées de traits, il rampa sur les genoux jusqu'à ses adversaires, leur arracha leurs boucliers et les jeta en l'air. Ceux-ci retombaient en tournoyant, pour le plus grand plaisir des spectateurs qui y voyaient un tour d'adresse de l'animal et non un effet de sa fureur...
2. Mais les éléphants offerts par Pompée, qui avaient perdu tout espoir de s'enfuir, implorèrent la pitié du peuple par des attitudes impossibles à décrire, comme s'ils se lamentaient sur eux-mêmes en gémissant. L'émotion des spectateurs fut telle qu'ils en oublièrent la présence du général et la générosité qu'il avait déployée en leur honneur : le peuple, tout entier, se leva d'un seul bloc en pleurant et lança des malédictions contre Pompée, qui d'ailleurs se réalisèrent bientôt.
3. Vingt éléphants combattirent aussi pour le dictateur César lors de son troisième consulat. Ils avaient pour adversaires cinq cents fantassins et tout de suite après, il y eut un deuxième combat: vingt éléphants porteurs de tour avec chacune soixante combattants contre cinq cents fantassins et autant de cavaliers. Dans la suite, sous les règnes de Claude et de Néron, les éléphants ne combattirent plus que, un à la fois, contre un gladiateur lors de son dernier combat
" .

 

                                Mosaïque d'éléphant dans la Villa Romana del Casale en Sicile.



Pour refermer la page concernant les arènes romaines, il ne faut pas oublier de préciser, qu'occasionnellement le Colisée de Rome pouvait se remplir d'eau pour fait revivre d'historiques batailles navales, divertissements appelés naumachies. Une autre arène située à Rome avait la même fonction, il s'agit de la célèbre " Naumachie d'Auguste ", amphithéâtre construit dans la quartier du Trastevere, en 42 avant J.-C. qui avec ses dimensions de 552 mètres sur 355 mètres, pouvait accueillir les reconstitutions de batailles, comme celle de Salamine.
Et bien sûr, ne l'oublions pas, les arènes et plus particulièrement le Colisée ont également vu la mise à mort et le supplice de condamnés ou de chrétiens ( même si les scientifiques sont encore très partagés sur le nombre potentiel de victimes ), celà est représentatif des contradictions d'une civilisation à la fois très élaborée et cultivée, mais vivant malgré tout dans un monde violent, où une certaine barbarie avait sans doute encore une raison d'être.

 

    Vue aérienne de l'amphithéatre de Nîmes.

                                              Amphithéâtre de Syracuse en Sicile.

               Reconstitution en maquette de la Naumachie d'Auguste à Rome ( Source: maquette de André Caron)

 


Les romains avaient donc de quoi se distraire et occuper leurs loisirs en ces époques reculées. Entre le théâtre, le stade, le cirque ou l'amphithéâtre, le choix ne manquait pas et les loisirs de l'époque n'étaient pas si éloignés que cela de nos propres divertissements. Comme je le disais dans la première partie de cet article, nos courses de chevaux, nos matchs de boxe ou nos rencontres de football et autre rugby n'ont rien de nouveau, ils ne font que reprendre des modèles antiques en les adaptant aux conventions de notre époque et pour les assoiffés de spectacles sanguinolents, il reste encore et toujours les fameuses corridas proches des combats d'animaux de l'antiquité. C'est à croire que 2000 ans n'ont pas suffit pour faire disparaître le goût du sang, propre à une certaine foule.

En plus des jeux spectaculaires dont nous avons parlé, les romains fréquentaient également ce que nous pourrions qualifier de brasseries, les caupona. Il s'agit là de sorte de fast-food de l'époque, dans lesquels les romains venaient manger et boire et où il semble ( d'après les inscriptions retrouvées à Pompéi ) qu'il était possible de payer à crédit ( dans certains d'entre eux en tous cas ), ce qui me paraît impossible dans nos actuelles brasseries, où l'accueil d'un client payant laisse déjà souvent à désirer...  Les romains venaient aussi dans les caupona pour parier sur toutes sortes de choses comme nous l'indiquent les graffitis laissés sur les murs de ces " tavernes " à Pompéi. Nous apprenons également qu'il était possible d'y jouer aux dés et d'y gagner un peu d'argent. Mais aussi de parler de politique. Tout celà ressemble étrangement à nos bars et brasseries, à la différence près qu'il était sans doute aussi possible dans certaines caupona d'avoir des relations sexuelles avec les serveuses, voir même les patronnes...

 

Attention: certaines des images qui vont suivre, à caractères érotiques, cependant issues de l'iconographie archéologique; peuvent choquer un public mineur.

 

           

               Scène de vie dans les caupona de Pompéi. ( Source: Scala/ RMN/ AKGImages )


Pour en finir avec les diverstissements sous l'empire romain et pour partir sur une note plus légère, je tiens à dire quelques mots à propos d'une autre forme de loisirs, bien plus charnelles et voluptueuses, les relations sexuelles. Les romains avaient une liberté sexuelle qui feraient encore rougir bien des religieux, ou plus simplement les plus timides et introvertis d'entre nous. Il ne faut donc pas oublier que le sexe était ( et reste toujours ) une certaine forme de loisir. Ainsi les pratiques sexuelles étaient plutôt "débridées" dans la Rome antique et il n'était pas rare de trouver des fresques érotiques dans des appartements privés, ce qui devaient certainement stimuler ceux qui les fréquentaient... Car, contrairement à l'idée reçue, ces fresques n'étaient pas réservées aux seuls lupanars ( maisons closes de l'époque ), mais pouvaient décorer la chambre d'un noble romain.

 

Fresque érotique de Pompéi.

 

         

Fresque érotique romaine.

 

Fresque érotique de Pompéi.

   

Mosaïque érotique " des amants"  de la Villa Romana del Casale en Sicile.

 

Les orgies romaines sont restées dans la mémoire collective et chacun a entendu parler des orgies de l'empereur Caligula , même si nul sait à quel point, elles ont pu être exagérées par les auteurs contemporains de cette époque. Mais n'en concluons pas pour autant que la morale sexuelle romaine n'avait pas de tabous. Les limites de la morale évoluèrent tout au long de l'empire et ainsi, au cours du temps et dès le IIème siècle après J.-C. elle devint plus stricte, avant même l'avènement du christianisme dans l'empire. Hé oui, que voulez-vous toutes les bonnes choses ont une fin, comme cet article qui se termine ici.

 

 

Pour aller plus loin, une rapide bibliographie:

 

-Dossier Histoire et Archéologie, collectif, " Les amphithéâtres de la Gaule ", Numéro 116, Mai 1987, Archeologia

-R.Auguet, " Cruauté et civilisation: les jeux romains ", Flamarion, Paris, 1970, réédition 1992.

-J-C Golvin, C.Landes, " Amphithéâtres et gladiateurs  ", CNRS, 1990.

-A.Bernet, " Les gladiateurs ", Perrin, 2002

-C.Lopez, E.Teyssier, C.Goudineau, " Gladiateurs: des sources à l'expérimentation", Errance, 2005

-John-R Clarke , " Le sexe à Rome ", Editions de la Martinière, 2004

-P.Lunel, P-J.Franceschini, " Caligula ", Anne Carrière, 2002.

Retrouvez les maquettes de la Rome antique reconstituée sur le site

www.maquettes-historiques.net

Ces maquettes sont l'oeuvre d'André Caron du Québec. Merci à lui et à son travail !

 

 

 

 

 

Par Gilles - Publié dans : Archéologie classique
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Mardi 9 janvier 2007

    Amphithéâtre, arène, odéon, stade, théâtre et autres jeux du cirque sont autant de qualificatifs employés pour parler des distractions et des jeux à l'époque de domination de la civilisation romaine. On les entend dans tous les reportages, les docu-fictions ou les péplums cinématographiques revenus à la mode avec le Gladiator de Ridley Scott. Mais que représentent-ils réellement ? Que désignent précisément ces qualificatifs ? Je vais tenter de vous apporter quelques précisions, suivez moi, remontons le temps jusqu'au 1er siècle de notre ère et descendons ensemble dans les arènes romaines...

" Le soleil brillait dans le ciel romain et les cris de la foule étouffaient les hurlements des bêtes fauves venues des contrées d' Afrique et désormais transpercées de part en part, par les coups de lances des héros du jours. Depuis le début des festivités, trente-deux lions et vingt-cinq panthères avaient péri sur le sable de l'arène et l'odeur du sang séché qui avait coulé toute la journée, commençait à se faire sentir jusqu'aux étages supérieurs de l'édifice. L'odeur de la mort était là. La journée tirait à sa fin, mais les festivités n'étaient pas encore terminées et le défilé des gladiateurs allait commencer. Sous les acclamations de la foule en attente de spectacle morbide, le Rétiaire fit son entrée, portant trident et filet, suivi d'un Hoplomaque lourdement armé. Puis on vit apparaître le Mirmillon et le Secutor, armés et tous deux prêts à combattre, avançant vers leur detin. Enfin, Ils s'alignèrent face à la loge de l' Empereur et lui lancèrent la formule consacrée :" Ave Caesar, morituri te salutant ! ". Les munera gladiatoria, les combats des gladiateurs pouvaient commencer. "

Voici à peu près, ce que vous auriez pu vivre, si vous vous étiez trouvés au Colisée de Rome et aviez assisté vous-même aux jeux romains, au premier siècle de notre ère. Mais revenons à présent sur les différents édifices de spectacles, car il ne faut pas confondre amphithéâtre et théâtre romain, fort heureusement les comédiens n'affrontaient pas des bêtes sauvages sur scène et les spectateurs n'avaient donc rien à craindre non plus.

 

Maquette reconstituant le Colisée dans son environnement antique ( Source: maquette de André Caron)

 

Commençons tout d'abord à parler de théatre. Le théâtre romain est tout naturellement emprunté au théâtre grec, qui existe au moins depuis le VI e siècle avant J-C. A ses débuts, il fonctionne de la même manière, il est liés aux fêtes religieuses consacrées à Dionysos pour les grecs et à Bacchus, son alter ego chez les romains. Sous la République romaine entre 509 et 27 avant J.-C., les représentations mettent en scène des tragédies, des comédies, des Atellanes composées de sketches aux personnages récurrents, des Mimes de légendes mythologiques et des Pantomimes, chorégraphies sans paroles. Il était courant que les spectateurs s'en prennent physiquement à un acteur qu'ils n'appréciaient pas et qu'ils le chassent de scène en le battant. Il faut dire que les acteurs furent tout d'abord des esclaves et des affranchis avec lesquels on prenait des libertés et que les représentations ayant lieu pendant les fêtes, les spectateurs abusaient peut-être un peu trop du vin du moment; in vino veritas ? Qui a dit que nos hooligans étaient un phénomène historiquement récent ? Quant aux acteurs d'aujourd'hui, qu' ils ne s'inquiètent pas, ils sont pour la plupart projetés sur un écran blanc, ce qui leurs garantit la sécurité, même si certains mériteraient le même sort que leurs prédécesseurs antiques tellement ils sont mauvais... Mais revenons en à notre présentation théâtrale.

 

Vue du théâtre d' Epidaure, du IVe siècle avant J.-C., en Grèce

 

Le bâtiment en lui-même fut d'abord édifié en bois, ainsi il reste peu de structures de cette époque, mais fort heureusement les théâtres furent par la suite construits en pierre et en brique, ce qui permit leur conservation. On doit à Pompée ( Cnaeus Pompeius Magnus) général et homme d'état romain, le premier théâtre en pierre, en 55 avant J.-C. On peut admirer aujourd'hui le magnifique théâtre d' Orange dans le sud de la France (un des mieux conservé du monde romain) et pour les chanceux voyageurs, visiter les théâtres grecs et romains dans le pourtour méditerranéen tels que celui de Dionysos à Athènes, celui de Marcellus à Rome, de Ségeste ou de Taormine en Sicile ou le spéctaculaire théâtre d' Epidaure, un des mieux préservé du monde antique ou le sompteux théâtre de Bosra en Syrie, peut-être le mieux préservé de tous. Ces édifices ont pour points communs d'adopter une forme demi-circulaire et de voir leurs gradins creusés à flanc de colline chez les grecs. Cependant, les romains préfèrent les élevés sur le sol et abandonnèrent générallement la construction à flanc de colline.

 

Théâtre d'Orange dans le sud de la France. 

 

 Vue du théâtre de Taormina en Sicile, avec en arrière plan l' Etna.

Théâtre de Marcellus à Rome, dans son état actuel.

 

Maquette du théâtre de Marcellus, reconstitution antique. ( Source: maquette de André Caron)

 

 Théâtre de Bosra en Syrie

 

Pour en finir avec les théâtres antiques, je vous offre un petit survol du superbe théâtre de Taormina en Sicile, où je conseille à tout le monde d'aller faire un séjour, car la nourriture, le climat, les monuments et le paysage y sont fantastiques. Ah les voyages....( Source video: Des racines et des ailes, France Télévision )

                  


survol de taormina
Vidéo envoyée par indianajil
 

Nous avons vu que l'époque romaine savait distraire ses populations, comme nous le faisont aujourd'hui. Mais après une bonne pièce de théâtre, que pouvaient faire nos braves romains pour occuper leurs moments de détente ? Quels autres loisirs leur offraient leur époque ? Nous allons jeter un oeil du côté du sport à la mode antique, ce qui va nous conduire tout droit au stade...

 

Palestre ou stade d'entraînement des athlètes à Olympie.

 

Les athlètes de la grèce antique étaient vénérés et les vainqueurs des jeux olympiques étaient déifiés de leur vivant. Les jeux continuèrent jusqu'à la fin du IVe siècle de notre ère, jusqu' à ce que l'empereur romain et chrétien Théodose 1er les fit interdirent, les considérant comme trop païens pour être honnêtes. Quoiqu'il en soit, les exercices de stade ne passionnèrent jamais le peuple romain et à titre d'exemple, il n'y eut qu'un seul stade connu à Rome, construit sous l'impulsion de l' empereur Domitien. Il mesurait 276 mètres de long, pour 54 mètres de large et pouvait contenir jusqu'à 30 000 personnes, qui pouvaient ainsi assister à l'entraînement des coureurs, des gymnastes et des pugilistes. La célèbre et magnifique Piazza Navona où il fait bon se promener et que je conseille fortement de visiter au printemps, recouvre actuellement l'emplacement de ce stade antique.

 

Maquette du stade Domitien à Rome dans son environnement antique. ( Source: maquette de André Caron)

Vue de la Piazza Navona à Rome ( au centre ), emplacement actuel du stade Domitien.

 

Pour en finir, voici une petite promenade sur la Piazza Navona. Là où jadis les athlètes s'entraînaient devant une foule de spectateurs, c'est une foule de touristes qui se promènent sous le soleil romain et qui profitent des terrasses des cafés et des restaurants. ( Source video: HD4.tv Rome ).

 


navona
Vidéo envoyée par indianajil

Bien d'autres distractions existaient à l'époque romaine et la foule pouvait se distraire ou exprimer sa rage et se défouler en assistant soit aux jeux du cirque, soit aux combats de gladiateurs et autres bêtes fauves dans les arènes.Nos courses de chevaux, nos matchs de boxe ou nos rencontres de football et autre rugby n'ont rien de nouveau, ils ne font que reprendre des modèles antiques en les adaptant aux conventions de notre époque et pour assoiffés de spectacles sanguinolents, il vous reste les corridas, héritage plus ou moins direct des massacres d'animaux dans la Rome antique. Mais ce sera dans le prochain article.

 

Pour aller plus loin, une rapide bibliographie:

 

-Dossier Histoire et Archéologie, collectif, " Les théâtres de la Gaule Romaine ", Numéro 134, Janvier 1989, Archeologia

-Jean-Charles Moretti, " Théâtre et société dans la Grèce antique ", Livre de Pcohe, 2001

-M.-H. Garelli-Francois, J.-C. Dumont, " Le théâtre à Rome ", Livre de Poche, LGF, 1998

-Michel-Edouard Bellet, " Orange Antique ", Editions du Patrimoine, guide archéologique, 2001

Retrouvez les maquettes de la Rome antique reconstituée sur le site

www.maquettes-historiques.net

Ces maquettes sont l'oeuvre d'André Caron du Québec.

  

Par Gilles - Publié dans : Archéologie classique
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Présentation

Qui suis-je ?

Qui suis-je pour écrire des articles sur l'archéologie ? C'est une question bien légitime que vous pourriez vous  poser et c'est pourquoi je vais me présenter en quelques lignes.  Je  suis  donc Gil, ancien étudiant en archéologie, enfin quand je dis ancien, je ne veux pas dire vieux, je ne suis qu'en début de trentaine ! Et après  mes chantiers de fouille sur lesquels j'ai travaillé et mes cinq années  passées dans les universités parisiennes, cinq années passionnantes à étudier et à évoluer dans le mileu archéologique j'ai décidé d'ouvrir ce site dédié à la recherche en archéologie. J'essayerai d'aborder des sujets variés selon mes envies, mes préférences mais aussi les éventuels commentaires. Je souhaite une bonne lecture à tous.


Pour me contacter:

Un peu d'écologie

 

L'auteur de ce site sur l'archéologie n'oublie pas de protéger la planète et de respecter la nature, c'est pourquoi je vous invite à en faire autant et pourquoi ne pas commencer tout de suite en soutenant "le Défi pour la Terre" à l'initiative de la Fondation Nicolas Hulot et de l'Ademe,  allez vite sur le site et engagez-vous pour la planète et pour l'avenir.

 

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archeoblog@hotmail.fr
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