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Bonjour à tous les visiteurs, Archeoblog va vous entraîner dans un fabuleux voyage à travers le temps, en vous proposant des dossiers et les dernières nouvelles concernant les découvertes scientifiques. Vous aurez également accès au fur et à mesure à de nombreux dossiers complets, à des informations relatives aux techniques de fouille. Sur ce blog consacré à l'archéologie et dans une moindre mesure à la paléontologie, le voyage vous entraînera au beau milieu des ères  géologiques et chronoculturelles qui ont forgé petit à petit le visage de notre planète et de nos civilisations.
J'espère que ce parcours parmi les roches, les espèces éteintes et les civilisations disparues vous fera rêver et réfléchir. Que vous soyez simple curieux, amateur, étudiant ou professionnel vous serez les bienvenus et vos commentaires seront pris en compte. Bonne lecture et bon voyage dans le temps et l'espace.
Mercredi 4 février 2009

Les momies. Voici un mot qui depuis des siècles stimule l'imaginaire et fascine les amoureux de mystères et d'archéologie. Mais les momies sont t-elles vraiment fascinantes? Ne sont-elles pas simplement des cadavres qui ont eu la chance de ne pas se décomposer et partir en poussière avec les siècles. Je vais revenir sur la définition même de nos braves momies, qui contrairement aux idées reçues, ne sont pas toujours égyptiennes. Si le grand public et certains médias focalisent sans cesse leur attention sur l’Egypte, il est malgré tout possible de croiser des momies un peu partout sur la planète.

Accompagnez moi jusqu'à la frontière du pays des morts, le pays des momies et nous en sauront plus sur ces fascinants voyageurs des siècles.

Peut-être la momie la plus connue, celle de Ramsès




Si les momies sont autant porteuses de mystères, c'est vraisemblablement parce qu'elles ont lutté contre la dégradation inéluctable des tissus biologiques qu'entraîne la mort de tout être vivant et qu'elles ont en partie conservé leurs caractéristiques anatomiques, au point parfois, d'imaginer qu'elles vont s'éveiller devant nous et sortir de leur torpeur. C'est par ailleurs le filon qui a longtemps été exploité au cinéma et déjà dans les années trente, le comédien Boris Karlof incarnait à merveille, la momie décharnée, revenue d'entre les morts pour appliquer sa terrible malédiction.

Depuis, le mythe ne s'est pas décomposé, si l’on peut dire, et le thème de la momie vengeresse continue à être exploité et à enthousiasmer le public. Ce dernier, qui non content de voir des momies bouger comme vous et moi sur les écrans, se précipite dans les musées pour contempler leur corps sans vie au travers d'une vitre. C'est aussi pour cela que l'Egypte est toujours un succès touristique garanti. La civilisation égyptienne et ses momies si connues, font rêver des millions de touristes, en quête de frissons, de mystères et d’un peu d'immortalité par procuration. En contemplant les momies, le voyageur, à l'instar des antiques égyptiens, rêve de la vie éternelle et de la jeunesse sans fin. Des dieux et des déesses qui faisaient frémir et vibrer les anciens égyptiens et des pratiques funéraires qui semblent aujourd’hui si étranges à nos yeux modernes. Bien que nous pratiquions encore des rites funéraires hérités d’un passé bien lointain, puisque les hommes de Néandertal enterraient déjà leurs morts, il y a près de 100 000 ans, nous restons avant tout fasciné par les momies, bien plus récentes. Mais que voulez-vous, l’exotisme se trouve toujours hors de nos frontières et le public a besoin de rêver, ce qui est assez aisé devant les pyramides et plutôt difficile devant les quelques restes osseux enfouis à même le sol, par nos ancêtres préhistoriques.

Fort heureusement, il n'est pas obligatoire d'aller en Egypte pour admirer ces "survivants" du passé, car les momies se sont installées un peu partout autour de la planète dans de nombreux musées. Il est ainsi possible d'en admirer au Louvre ou en traversant Manche, pour flâner dans les allées du British Muséum de Londres où la collection archéologique est extrêmement riche.


 Exemple de momie des Andes




Mais parlons à présent de la momification. Ce phénomène n'est pas toujours le fruit d'une technicité étudiée et aboutie, si encore une fois les momies les plus connues du grand public, sont celles d’Egypte, il en est d’autres dont la momification est parfois issue d’un processus naturel et c'est pourquoi nous possédons des momies qui ne sont pas égyptienne. La conservation des corps peut dépendre de plusieurs facteurs que je vais brièvement aborder ici.


 1-La momification peut résulter d'un processus technique, dessiccation ou embaumement, visant à conserver les corps après leur mort: c'est le cas des momies égyptiennes ou chinoises.


2-La momification peut être entraînée par des conditions climatiques particulièrement propices à la conservation, dessiccation: c'est le cas par exemple des momies péruviennes ou chiliennes. Elles sont également parfois le fruit d’un sacrifice. Les momies d’Amérique du Sud sont les plus anciennes connues à ce jour. La plus ancienne de toute date de 7000 BP.

3-La momification peut être la résultante d'une conservation des chairs,  causée accidentellement, par congélation ou conservation dans la tourbe, lors de l'enfouissement du sujet: c'est le cas de la momie dite "l'homme de Lindow", retrouvé en Grande-Bretagne ou de Otzi, l’homme des glaces retrouvé congelé dans les Alpes.


Les momies égyptiennes ont donc été volontairement préparées pour lutter contre la dégradation du temps et c'est dans une volonté d'éternité que les égyptiens se faisaient momifier. Le processus technique est bien connu, aussi peu appétissant soit-il, il faut tout de même en parler. Alors âmes sensibles, passez au prochain paragraphe, car celui-ci va être sanglant et horrifique à souhait...Le corps était tout d'abord vidé de ses viscères par incision abdominale et de son cerveau en le faisant sortir par le nez (hé oui, cela ne devait pas être très joli à voir), ou encore pas trépanation, ce qui n'est pas non plus un spectacle très agréable à regarder. Toujours envie de parler des momies ? Poursuivons.  Le mort était  lavé au natron, substance desséchante et absorbante, puis séché au soleil et enfin il était enduit d'huiles parfumées et enfin il était minutieusement vêtu de bandelettes, accompagné du dépôt de différentes amulettes. 
Bien sûr, la technique de momification a évolué avec le temps et la description ci-dessus correspond à l'idéal de la momification égyptienne. Ce système s’est révélé efficace, pour preuve, les momies que l’on continue à découvrir sur le territoire égyptien. Mais la technique avait ses limites et l’état de conservation dans lequel nous les retrouvons à présent, aurait sans doute effrayé les pauvres égyptiens, qui pensaient sans doute, conserver leur corps intact pour l’éternité. Le pari a été perdu.

Pour ce qui est des momies chinoises, elles ne bénéficiaient pas de la même technique de conservation, car il ne s'agit pas de momies sèches, les scientifiques parlent même de « corps frais ». Contrairement à leur consoeurs égyptiennes, les momies chinoises ont l'air d'avoir trépassées la vieille de leur découverte, tellement la souplesse de la chair est extrêmement bien conservée. De plus, les chinois ne retiraient ni les organes, ni le cerveau, ce qui marque encore la différence. Les corps étaient enterrés très en profondeur pour obtenir les meilleures conditions possibles de fraîcheur. Mais d’autres techniques de conservations ont été constatées, ainsi les corps étaient vêtus d’un drap de soie, il reposait dans une succession de cercueil, à l’instar des égyptiens les plus importants, et il semblerait que le corps baignait dans une grande quantité d’huile au moment de l’ensevelissement. Pour finir, la tombe était totalement isolée de l’extérieur par une épaisse couche de charbon et enfin recouverte par la terre. Toutes ces précautions à l’égard du mort, sont sans doute à l’origine de l’exceptionnel état de conservation dans lequel les archéologues d’aujourd’hui les découvrent.  Ce niveau de conservation véritablement exceptionnel,  nous pousse à nous demander quelle est en fait la momie la plus mystérieuse pour le public, celle venue d’Egypte qui ressemble à présent à un morceau de viande séchée à l’extrême, ou celle venue d’Asie qu’on penserait pouvoir réanimer par un simple souffle sur le visage, tellement ce dernier est en parfait état.



 

 Une momie asiatique encore vêtue


 

L’homme étant depuis la nuit des temps habité par la peur de la mort et l’incompréhension face à cette terminaison biologique encore pour longtemps sans parade, qu’il est aisé de comprendre pourquoi certains d’entre eux ont tenté, en vain, d’atteindre une forme d’éternité par le biais de la momification. Mais il reste encore bien des choses à dire sur cette ancienne pratique. Tellement de choses, qu’une pause s’impose et nous parlerons de tout cela dans le prochain article, quelques jours de plus ou de moins, nos amies les momies ne sont plus à cela près…

 

Un peu de bibliographie pour aller plus loin

    -F. DUNAND, "Momies D'egypte Et D'ailleurs - La Mort Refuséee ", Editions du Rocher, 2002
    -F. REY, "Otsi, La Momie Des Glacierss", Gléant, 1994
    -F. DUNAND, "Les momies et la mort en Egypte", Errance, 1994
    -S. WAISBARD, "La Vie Splendide Des Momies Peruviennes", Editions Julliard, 1960

 


Par Gil - Publié dans : Divers et varié
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Jeudi 2 octobre 2008

Non, ce blog n'est pas totalement mort.

Le temps passe, mais qu'est-ce vraiment sur l'échelle géologique de la planète. Certes, aucun article n'a été publié depuis un long moment, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire, et puis quelques mois ce n'est vraiment rien à l'échelle des millénaires, des millions d'années qui se sont écoulés depuis la création de notre jolie planète.

Et à propos de milliers d'années, il est une nouvelle qui me fait sortir de mon silence et qui me fait bondir hors de mes baskets, une nouvelle si étonnante, si stupéfiante, si incompréhensible qu'elle ferait rougir de fureur tous les scientifiques dignes de ce nom. Mais avant d'aller plus loin, une simple petite question:


                             Combien de temps sépare les hommes des dinosaures?



Les moins intéressés et les moins cultivés d'entre nous se risqueraient peut-être à dire: des centaines de milliers d'années. Je les comprendrais parfaitement.
Ceux qui sont un peu plus éclairés sur le sujet et qui ont déjà vu ces grosse « bêbêtes » dans un musée de paléontologie, se risqueraient peut-être à dire: "des millions d'années nous séparent de ces monstres".
Les plus intéressés diront sans hésitation: 65 millions d'années. Et ce serait là une réponse juste, à quelques milliers d'années près. Les plus connaisseurs diront même que les dinosaures sont en quelques sortes encore parmi nous, par le biais de leurs descendants les oiseaux (sans doute héritiers de la longue lignée disparue). Mais il faut croire que la chose, ce fait scientifique indéniable, est-il utile de le rappeler, n'est pas vraiment connu de tous. Et il semblerait qu'il est encore moins connu sur certains endroits du globe, aux USA par exemple.

Je me souviens d'avoir eu une conversation amusante avec un agriculture du centre de la France. Un homme agréable, qui ne vivait pas dans un coin isolé du monde, mais simplement dans un petit village à une vingtaine de kilomètres d'une grande ville. Et lors d'une conversation sur mes activités archéologiques, il me demanda naïvement si les dinosaures avaient bel et bien existé.
Je fus tout d'abord surpris, puis je lui ai expliqué qu'il n'y avait aucun doute sur l'existence de tels animaux dans un passé fort lointain, que j'avais chiffré en millions d'années. Etait-ce utile d'apporter de plus grande précisions? Pour beaucoup de gens instruits, il est déjà très difficile d'appréhender le temps sur de si grandes échelles, je comprends parfaitement que cela soit vraiment difficile pour quelqu'un qui, d'une part ne s'y intéresse pas et d'autre part, qui n'a pas reçu l'instruction nécessaire pour comprendre ce que peut représenter, ne serait-ce qu'un million d'année. J'ai moi-même parfois du mal à appréhender de telles échelles de valeur et pourtant cela me passionne.
J'admets donc sans aucun a priori, qu'une partie de la population puisse avoir du mal avec de telles connaissances et de telles informations scientifiques. Mais ce que j'admets de gens peu instruits et peu intéressés par le sujet, je ne peux l'admettre de gens dits "cultivés".
Or, qu'est ce que j'apprends de la bouche d'un ami, pas plus tard qu'hier? Qu'il existe outre Atlantique des commentaires sur les dinosaures, qui feraient bondir de rage tous les paléontologues de la Terre et de l'univers, ils auraient vécu avec l es hommes préhistoriques!
Laissez  moi crier  de rage avant d e lire l'article  qui suit...AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !

 

Sarah Paulin, la brave colistière de ce bon Mc Cain, aurait déclaré, il y a de cela déjà quelques années, que les hommes avaient vécu avec les dinosaures! Et ne s'arrêtant pas en si bon chemin, elle aurait ajouté que cela c'était passé il y a seulement 6000 ans! Que dire de plus? Bien, qu'elle aurait également réussi à voir sur un site paléontologique, des traces de pas laissés par les humains, mêlés à ceux de dinosaures. Quitte à être ridicule, autant l'être complètement pourrait-on se dire. 
Oui, il serait possible de se dire cela, si il ne s'agissait pas d'une femme politique d'un pays développé, la plus grande puissance du monde, d'une femme qui pourrait non seulement devenir la vice-présidente de USA et qui sait, peut-être un jour lorgner sur la présidence elle-même.




Voici le lien vers la nouvelle, relayée par le journal Le Monde:
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/09/30/sarah-palin-les-dinosaures-et-le-creationnisme_1101006_829254.html#xtor=RSS-3208


Même si je suis stupéfait, cette information ne m'étonne hélas qu'à moitié. Le courant d'extrêmise religieux ne contamine pas hélas que les pays sous-développés ou en voie de développement, mais se répand également dans les pays riches et dits modernes. Je ne suis pas non plus étonné d'entendre ce genre de commentaire de la bouche d'une extrémiste catholique telle que miss Paulin, qui lutte contre l'avortement et prône le retour du créationnisme dans les universités de son pays et qui ose remettre en doute le travail de trois siècles de recherches scientifiques qui nous ont conduit sur les chemins de la vérité scientifique. De telles théories totalement fantasques sont assez répandues et sur le net poussent de nombreux sites qui relayent aussi bien la cohabitation des hommes et des dinosaures, que l'insémination de la Terre par une race extraterrestre.
Mais ne soyons pas si dur avec miss Paulin, car dois-je le rappeler, monsieur Obama (comme ses prédécesseurs), remercie Dieu chaque fois qu'il termine un discours. Je me demande quel crédit apporter à ces gens là et en ce début de XXIe siècle si la science n'est pas véritablement en danger.

Je crains que le retour à une certaine spiritualité participe à un retour aux âges obscurs du passé, mais j'espère ne jamais voir un portrait de Darwin ou les livres de Gould brûlés en place publique, sous les hourras d'une foule en délire exaltée par un fou de Dieu, qu'il soit musulman, chrétien, juif ou issu d'un mouvement sectaire. La spiritualité est à mes yeux à condamner comme un véritable fléau, à partir du moment où elle entrave la liberté d’action, la liberté de penser et les progrès de la recherche scientifique et technologique.
Hélas, l’une ou l’autre de ces énumérations est souvent altérée par la religion, la discipline et les croyances qu’elle impose à ses fidèles. Et je crains qu’il se passe encore de nombreux siècles avant que l’homme ne comprenne une fois pour toute, que la religion n’est née que de cette ancestrale peur de la mort et de l’inconnu et n’a perduré que sur la peur de la maladie, de la pauvreté, de la misère. L’endoctrinement des siècles aidant, des millions et des millions d’âmes devrais-je dire pour respecter le vocabulaire approprié, se sont laissées berner par ce faux espoir distribué à grand coup de menaces d’une part et de belles paroles d’autres part, accompagnées de promesses de vie meilleure, mais seulement après la mort biologique et son inévitable destruction totale des tissus organiques qui nous composent.

  

Mais est-il vraiment utile d’essayer de convaincre un croyant qu’il est dans l’erreur. Je serais tenté par l’abandon du combat et le repli stratégique jusque dans ma forteresse. Mais dans un dernier élan de bravoure, je dis non !

Non à la bêtise, non à l’ignorance et à l’endoctrinement. Mais frères d’armes, il faut lutter ensemble et retrouver le chemin de la vérité et de la lumière !  Mais la vérité scientifique, pas celle qui serait imprimée sur un quelconque livre sacré ( tiens, une certaine dérive sectaire m'habiterait-elle moi aussi?).

 

Souhaitons que les créationnistes s'éteignent rapidement, comme se sont éteints les pauvres dinosaures. Souhaitons que l'Europe reste à l'abri de telles aberrations. Souhaitons utopiquement, que les religieux affirment un jour leur foi en la vérité scientifique. Et souhaitons aussi que  miss Paulin retourne bientôt au « néant »politique d’où elle est sortie et surtout qu’elle ne réussisse à convaincre que peu de fidèle, car à l’instar de prêcheurs, elle sème sur son chemin le danger de l’ignorance et de la bêtise et récolte hélas, des voix !

Par Gilles - Publié dans : Dernières nouvelles
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Mercredi 1 octobre 2008

Les voyages sont une réelle occasion de repos, mais ils peuvent également devenir le moment propice à la découverte de nouvelles cultures, de nouveaux paysages et parfois d'anciennes civilisations. Pour les passionnés de vieilles pierres que nous sommes, c'est alors un privilège de pouvoir se retrouver sur un site archéologique que nous nous étions contentés jusque là de voir en photographie ou en vidéo dans un documentaire. Qui n'a pas rêvé de se retrouver devant les pyramides d'Egypte, sur la muraille de Chine ou au pied des Moïas de l'île de Pâques. Mais sans aller aussi loin, il est possible de découvrir de passionants vestiges en Europe et ainsi de partir sur les traces des anciennes civilisations qui ont forgée notre société.

L'automne faisant tomber les feuilles des arbres et les premiers froids commençant à se faire sentir, j'ai décidé de partir quelques temps sur les rivages de la mer Méditerranée, pour justement voyager parmi les anciennes pierres des sites archéologiques et j'ai choisi de m'aventurer sur l'antique île de Crète. Que de légendes et de mythes sont nés sur cette île grecque. Depuis déjà longtemps, j'avais l'envie de découvrir la civilisation minoenne et ce voyage m'a permis de visiter les plus importants sites archéologiques de cette magnifique îles en charmante compagnie, puisque j'y suis allé avec ma petite amie. Qu'il est doux de joindre l'utile à l'agréable...

Voici donc un dossier sur la civilisation minoenne, photographies et vidéos personnelles à l'appui et pour commencer une carte de Crète sur laquelle figurent les principaux palais minoens.

 

 

 

 

Rappelons tout d'abord pour ceux qui l'ignoreraient, que la civilisation minoenne tient son nom du légendaire roi Minos, fils des amours de Zeus et d'Europe, une princesse phénicienne. C'est ce même Minos qui fit construire un labyrinthe pour y enfermer le Minotaure, créature fabuleuse, née de la liaison contre-nature de son épouse Pasipahé et d'un superbe taureau, dont la douce reine était tombée amoureuse. Oui je sais, vous devez vous dire, mais quelle curieuse et même horrible idée que de s'accoupler avec une telle bête ! Mais la mythologie grecque est toujours très étrange et nos ancêtres de ce côté de la mer Méditerranée avait en effet de drôles d'idées. Mais passons sur ce détail mythologique, sans perdre de vue qu'il s'agit de métaphores. Je vous invite simplement à vous replonger dans la mythologie de cette période et de cette région, qui est toujours passionnante de par sa richesse et son imagination.

 

 Fresque de Pompéi, figurant l'enlèvement d'Europe par Zeus, changé en Taureau

 

Mais revenons en à l'archéologie et commençons par présenter un peu cette fascinante civilisation minoenne qui se développa donc en Crète de 2800 B.C à 1100 B.C environ ( B.C = Before Christ ). Il semble que l'importation du cuivre comme matière première date environ  de 3000 B.C et à partir de là, on peut discerner plusieurs phases minoennes.

 

-Le Minoen Ancien  de 2800 B.C à 2000 B.C ou période prépalatiale

 

C'est la période qui correspond au Bronze Ancien et qui vit la naissance des premières villes minoennes sur l'île de Crète. Il s'agit en fait des premières installations fixes et domestiques qui se caractérisent par un plan d'urbanisme particulier, faisant figurer des habitations avec de grandes cours dallées et des murs à enduits peints. Cette première phase d'urbanisation crétoise se caractérise également par la présence de bijoux en or et de sceaux cylindriques importés d'Orient qui sont retrouvés sur les sites de fouilles. Sans oublier bien sûr les différents objets en bronze qui sont significatifs dans l'évolution technologique de la société. Il semble que les Crétois aient rapidement développés une puissance maritime de grande importance, au point de devenir une véritable thalassocratie ( le pouvoir par la mer ) et les nombreuses importations d'objets venus d'Orient et d'Egypte semble confirmer cette hypothèse.

 

-Le Minoen Moyen de 2000 B.C à 1650 B.C ou période protopalatiale

 

C'est à cette période que le pouvoir de la civilisation Crétoise se renforce et les palais minoens fleurissent sur l'île. Pour des raisons encore ignorées, il semblerait qu'à cette époque les chefs deviennent de plus en plus puissants et le très célèbre palais de Cnossos témoigne de l'importance de cette civilisation à ce moment là de son histoire. D'autres palais d'importance ont été identifiés, parmi eux : Mallia, Archanès, Zakros et Phaïstos, mais il en existait sans doute d'autres qui n'ont pas encore été découverts ou qui n'ont pas été conservés. Mais je vous parlerai en détail des palais dans la seconde partie de cet article et je vous ferai profiter des photographies que j'ai faites durant mon séjour.

On retrouve donc dans ces palais, une architecture commune qui se développe autour d'une grande cour centrale entourée de façades travaillées en bloc de tuf. On retrouve également de nombreux magasins, ce qui prouve la vigueur de l'activité économique et encore des lieux de cultes, ainsi que des entrées dites monumentales.

Mais intéressons-nous à présent à l'écriture liée à cette civilisation, car le sujet mérite une attention toute particulière de par la découverte du célèbre et mystérieux disque de Phaïstos. Cet artefact découvert sur le site de palais de Phaïstos dans le sud de l'île, témoigne d'une écriture que l'on pourrait qualifier de hiéroglyphique utilisée à l'époque et qui pour le moment n'a pas vraiment été déchiffrée. Un travail en perspective pour les nombreux étudiants qui voudraient se lancer dans cette grande aventure. Cette écriture avait sans doute un caractère sacré et de nombreux lieux de cultes ont été identifiés au sommet de collines, tout près des palais. Mais récemment, les archéologues ont découverts à Cnossos, une zone de culte où on été retrouvés de nombreux ossements cassés d'enfants, sans doute sacrifiés en offrande aux divinités.

 

                               Vue du palais de Cnossos en partie reconstitué par Arthur Evans (Source: c'est moi)

 

Quant aux dieux de l'époque justement, ils se caractérisent souvent par la présence de cornes sacrées, de représentations taurines, de doubles haches ou de déesses-mères aux serpents ou aux fauves très répandues. Il existait aussi  en Crète le culte d'un jeune homme dompteur de bêtes ou encore représenté aux côtés d'un lion, assimilé par la suite au culte de Zeus.

Pour ce qui est de la céramique de cette période elle est dite « style de Kamarès », du nom de la grotte de Kamarès sur le mont Ida. Cette céramique très décorative était fabriquée dans les ateliers des palais minoens. Le décor en était multicolore et mouvementé, on y retrouve des rosaces, des volutes, des tresses sur des vases aux formes très différentes.

Mais le faste de cette période fut freiné aux alentours de 1650 B.C, sans doute à cause des conséquences de catastrophes naturelles, un terrible tremblement de terre aurait fait s'écrouler une partie des palais, qui seront reconstruits par la suite.

 

-Le Minoen Récent de 1650 B.C à 1400 B.C ou période néopalatiale

 

Si chaque civilisation connaît une heure de gloire, nous pouvons dire que c'est à cette époque que la Crète antique et de la civilisation Minoenne connurent leur apogée. Le tremblement de terre qui avait ravagé les palais n'a certainement pas démoralisé la population qui les a reconstruits encore plus beaux et plus majestueux qu'auparavant. Les palais connurent alors une nouvelle phase de construction et souvent ils furent agrandis et embellis. Les sites n'en sont alors que plus impressionnants et les villes fourmillaient alors d'activités en tout genre. L'agriculture se développa davantage, ainsi que les transports routiers et surtout maritimes ; ce qui développa l'urbanisme des ports situés près des villes importantes, qui se virent de leur côté, dotées de rues, de palais à étages aux larges escaliers et de pièces de plus en plus nombreuses, donnant aux sites minoens ce côté labyrinthique noté par l'archéologue Sir Arthur Evans, qui fut le premier à s'intéresser à la civilisation minoenne, qu'il nomma donc ainsi en référence au légendaire roi Minos. On note aussi la présence d'appartement «  royaux » à polythyron ( pièce principale avec un puit de lumière).

 

                                                          Sir Arthur Evans parmi ses découvertes crétoises.

 

 

A cette époque, les murs des palais se transforment en véritables oeuvres d'art ornées de fresques polychromes de haute qualité, telle celle figurant des jeunes gens faisant des acrobaties par-dessus un taureau, activité appelée « taurokathapsies ». L'animal avait sans aucun doute une grande importance dans cette civilisation et le mythe du Minotaure n'est peut-être pas loin de tout cela et on ne peut s'empêcher d'y penser lorsque l'on visite les palais minoens.

 

 

                                                         Exemple de taurokathapsies dans la Crète ancienne

 

En ce qui concerne la culture matérielle et l'art, c'est l'apogée. On retrouve de nombreux sceaux en pierres semi-précieuses, des vases rituels en faïence ou en cristal de roche, des  figurines en bronze de grande qualité, des bijoux en or, des manches d'épées décorées ou encore des haches.   

 

-Le Mycénien de 1400 B.C à 1100 B.C ou période postpalatiale

 

Cette période se caractérise par l'absence de palais. La période faste de la l'antiquité Crétoise fait à présent partie du passé et durant cette nouvelle ère, l'île va connaître l'arrivée des Achéens, premier peuple indo-européen à avoir conquis la Grèce continentale en chassant ses anciens occupants, les Pélasges. Cependant Homère désigne sous le nom d'Achéens, l'ensemble des peuples grecs ayant participé à la guerre de Troie. Nous savons à ce sujet que les Achéens ont construit en Crète de nouveaux palais sur d'autres sites que nous n'avons certainement pas identifiés et qui devaient pourtant avoir une certaine importance. Parmi les Achéens célèbres, on peut noter la présence du nouveau roi de Cnossos, Idoménée qui avec son ami Mériones prit part à la guerre de Troie avec 80 navires. Il se peut que ce nouveau peuple ait occupé des sites mycéniens mieux connus sur l'île. Toujours est-il que cette période qui a vu l'arrivée d'un peuple et sans doute un nouveau tremblement de terre ont mit un terme à la civilisation minoenne proprement dite.

 

Les légendes de la Crète antique et les allusions directes de Evans à Minos et à sa créature le Minotaure, a sans aucun doute contribué à faire de l'île un lieu de légende et une destination de rêve pour tous les amoureux d'archéologie et de mythologie. Personnellement, je me souviens que tout petit déjà, je lisais avec passion et parfois effroi, les histoires du héros athénien Thésée, luttant contre la bête féroce mi homme, mi taureau, dans les dédales du labyrinthe où il était enfermé et réussissant à s'en sortir avec l'aide du célèbre fil d'Ariane. Tout cela à bien sûr contribué à développer mon goût pour l'archéologie et par conséquent pour les voyages qui me permettraient enfin de me rendre sur les lieux mêmes des légendes qui berçaient mon enfance. Je pense partager ce souvenir avec beaucoup de gens, enfin avec ceux qui sont amoureux des vieilles pierres et de l'archéologie antique. Je ne peux donc que conseiller ce pèlerinage en terre crétoise, où la légende rejoint la réalité et où nos rêves d'enfant ou de passionnés prennent vie. Cependant, je dois tout de même avouer qu'il y a un petit risque d'être déçu par les sites archéologiques à proprement parlé, car il ne faut pas s'attendre en allant visiter les palais minoens, à retrouver l'impression de majesté d'un temple d'Abou Simbel en Egypte ou d'un splendide Colisée romain. Mais je parlerai en détail des sites archéologiques crétois dans la suite de cet article. Donc, à bientôt pour une visite des palais et une bibliographie détaillée dans la seconde partie de notre exploration des palais minoens. Et comme la Crète ne se limite pas à des sites archéologiques, je vous offre une petite vue sur la mer, prise au sud de l'île sous le soleil du sud...

 

 

 
Rapide bibliographie pour aller plus loin:

P. FAURE, "La Vie quotidienne en Crète au temps de Minos : 1500 avant Jésus-Christ", F. Beauval, 1979
N. FERNANDEZ, "La Crète du roi Minos", L'Harmattan, 2008
A. FARNOUX, "Cnossos - L'archéologie D'un Rêve", Gallimard, 1993

Par Gilles - Publié dans : Archéologie classique
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Qui suis-je ?

Qui suis-je pour écrire des articles sur l'archéologie ? C'est une question bien légitime que vous pourriez vous  poser et c'est pourquoi je vais me présenter en quelques lignes.  Je  suis  donc Gil, ancien étudiant en archéologie, enfin quand je dis ancien, je ne veux pas dire vieux, je ne suis qu'en début de trentaine ! Et après  mes chantiers de fouille sur lesquels j'ai travaillé et mes cinq années  passées dans les universités parisiennes, cinq années passionnantes à étudier et à évoluer dans le mileu archéologique j'ai décidé d'ouvrir ce site dédié à la recherche en archéologie. J'essayerai d'aborder des sujets variés selon mes envies, mes préférences mais aussi les éventuels commentaires. Je souhaite une bonne lecture à tous.


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